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Guide Sacs, Guide Style | 21 Janvier 2018

Brand story : Céline

Née en 1945 sous l’impulsion de Céline Vipiana, alors enseigne de chaussures pour enfants, la marque évolue rapidement en ligne de prêt-à-porter. Près de 60 ans plus tard, après son rachat par le groupe LVMH et un bref passage de Michael Kors à sa direction artistique, Phoebe Philo prend les rênes de la création. Alors qu’elle quitte tout juste la maison, et qu'Hedi Slimane lui succède, retour sur le parcours de celle qui a redéfinit l’élégance contemporaine à coup de silhouettes modernes, cérébrales et parfaitement justes.

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Une créatrice en puissance

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Défilés P/E 2013, P/E 2011 et A/H 2010

Comme beaucoup de ses homologues, c’est à la prestigieuse Central Saint Martins de Londres que Phoebe Philo a fait ses armes. Elle y croise le chemin de Stella McCartney, avec qui elle noue une amitié décisive pour la suite de sa carrière : diplômée en 1996, elle rejoint cette dernière au sein du studio Chloé, à Paris, où s’affirment leurs styles respectifs, largement complémentaires. En 2001, c’est tout naturellement que Phoebe Philo succède à cette dernière à la tête du studio. Alors quasiment inconnue du grand public et de la profession, elle y dessine peu à peu les contours du style qui fera sa renommée : si l’ADN de Chloé, romantique et légère, semble aujourd’hui aux antipodes de la mode de Phoebe Philo, on retrouve dans ses collections les prémices de son travail chez Céline : coupes fluides, liberté de mouvement et une pointe de masculinité.
La créatrice rentre à Londres en 2006 pour se consacrer à sa famille… jusqu’à ce que Bernard Arnault, PDG de LVMH, lui propose la direction artistique de la maison Céline, alors en quête d’identité.

La révolution Céline

Défilés A/H 2013, P/E 2017 et A/H 2017

Dès sa première collection, la magie opère - ou plutôt, une bonne dose de réalité, cruellement absente des podiums depuis la vague porno chic des années 2000. Phoebe Philo s’en fait l’antithèse ; en développant pour Céline un vestiaire simple, pratique mais aussi cérébral, qui parle de pouvoir plutôt que de féminité et d’indépendance plutôt que de séduction, elle façonne la silhouette des années 2010, adoptée par les femmes du monde entier. C’est l’avènement du style Phoebe Philo : jamais tout à fait classique, jamais exubérant, tout en confort, précision et liberté de mouvement, dans les formes comme dans les matières. Comme la créatrice - dont la parole est rare - le dira à plusieurs reprises, elle crée en pensant aux femmes, à leur quotidien, leur travail et leur pertinence dans le monde d’aujourd’hui, plutôt qu’à leur sexualité. Un engagement qui paie : en quelques années, elle triple les profits de la maison Céline et remet le terme « minimaliste » au centre du propos mode de la décennie à coup de manteaux oversized, de mailles épaisses et de pantalons amples, sans jamais le rendre ennuyeux.

Le règne de l’accessoire

Phoebe Philo développe chez Céline une ligne d’accessoires qui s’impose tout de suite comme la plus pertinente du paysage mode. Justesse dans la forme, perfection d’exécution, qualité irréprochable : chaque sac à main développé par la maison devient instantanément objet de désir, convoité par les femmes et copié par de nombreuses marques. Rien n’est laissé au hasard : formats pratiques et peu encombrants, contenances idéales et détails architecturaux font des sacs Trio, Classic, Phantom ou Trapèze des best sellers, déclinés dans toutes sortes de cuirs et de peaux. Et si Phoebe Philo s’est illustrée dans des tons neutres et des gammes de couleurs réduites, elle n’hésite pas à apposer à ses pièces fortes et à ses accessoires des touches de couleurs franches, qui tranchent avec le caractère un brin austère de certaines de ses silhouettes.

"Elle prouve son habileté à créer des pièces à la fois étonnantes et pertinentes."

Il en est de même pour les chaussures : en faisant défiler des escarpins en fourrure rouge, rose ou jaune, elle prouve son habileté à créer des pièces à la fois étonnantes et pertinentes, sans jamais tomber dans l’excès ni dans le mauvais goût. De ses années chez Céline, resteront ses mailles et manteaux parfaitement coupées, ses coupes oversized et les accessoires intemporels qu’elle a remis au goût du jour, comme le cabas et la ballerine, que l’on pensait enterrés à jamais. Là est toute la force de Phoebe Philo, qui nous a enseigné la puissance d’un vêtement intemporel.